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Bienvenue dans mon livre, je suis Terhemis, auteur libre.


Intégrales

Assemblages de mes écrits en ouvrages cohérents et aboutis :

Phrases

De petits objets poétiques ou philosophiques autonomes :

Publications

Écrits construits, parfois longs, de tous types et sur tous les sujets :

95 / 98
Les épais murs de béton

Quelques fois, on avait dépassé un portail anormalement grand lui aussi. Nous n’étions jamais allés bien au-delà. Ce soir-là, nos jambes nous portaient, on avait passé l’un et l’autre une bonne journée. Ce soir-là, le portail était resté ouvert.

Impressions

Notes faisant suite à l’auscultation, plutôt brèves et denses :

82 / 82

Stranger things
Saison 3, épisode 05
The flayed - L’armada

J’ai trouvé ça rêche et gueulard souvent dans le premier quart, mais j’ai pu m’investir quand même, au gré des événements nombreux, répartis désormais en trois fils parallèles, deux s’étant rejoints. Outre la cavale insipide dans ces bois sans âme, c’est cette autre progression dans ces locaux secrets et autres tunnels sans fin qui a opéré sur moi ; un amusant jeu de cache-cache, bizarrement plus crédible que ce pseudo-terminator russe infoutu de se débarrasser d’un shérif presque obèse et d’une mère de famille. Mais c’est une fois ces amuses-bouches passés qu’est venu l’impressionnant plat de résistance ; un poil facilement agressif du fait des flashs de lumière, mais ô combien réjouissant, dans cet hôpital soudain transformé en sale cimetière ; toujours ce motif qui mène les personnages principaux allant chercher la merde à fuir ensuite devant la menace, et à s’en sortir malheureusement dans tous les cas ; mais ces affrontements dont j’apprécie le côté brut de décoffrage complètent par leur intensité les cheminements, les quêtes et les enquêtes agréables qui les ont amenés ; un repas équilibré en somme, et même varié, très varié, composé y compris d’avarié, de gel corrosif, de chair apostrophée et de substance mobile et finalement monstrueuse. Après tout ça, j’ai trouvé la coupe salvatrice, parce qu’elle me permet à moi spectateur et contrairement aux personnages de prendre une pause, fort bienvenue malgré le second degré et les quelques moments d’intimité ponctuant l’horreur et les cris. Tout ça est tout de même sacrément difficile à doser, et ces scénaristes s’en sortent globalement très bien.

★ 7/10 ★

81 / 82

Stranger things
Saison 3, épisode 04
The sauna test

Un quatrième épisode garni de séquences plaisantes, dont un final musclé, et d’autres plus laborieuses, qui ne présentait en tout cas pas la même fluidité globalisante que le précédent. Les séquences voulues comme touchantes (le dialogue entre la mère et sa fille, ou la détresse de la sœur qui voit souffrir son frère) n’ont pas eu d’effet sur moi. L’ambiance a aussi été neutralisée par l’absence d’une temporalité claire (ni jour ni nuit, ou bien l’un et l’autre comme par convenance) et de connexion entre les espaces : hormis le centre commercial qui, lui, a gagné en profondeur, les décors habités de personnalités et d’objets fétiches se sont absentés au profit d’intérieurs plus nombreux et banals. La ville manque soudain de consistance, les personnages arrivent ou repartent en voiture ou a vélo, mais nous manquons, nous autres spectateurs, d’une vision d’ensemble. Peut-être parce qu’elle ne cesse de s’agrandir (alors que je la concevais comme une bourgade un peu perdue) ou de se révéler à nous, sans qu’on puisse s’y balader, y flâner, s’y ennuyer ou s’y perdre – à trop scénariser et remplir leurs fictions, leurs auteurs en oublient parfois de les laisser vivre un peu et d’elles-mêmes, de nous laisser à nous comme à leurs personnages une sorte de marge de manœuvre et d’appropriation. Ce n’était pas mauvais pour autant, c’est simplement un peu inégal, ce qui est dommage pour une saison en huit épisodes.

★ 7/10 ★

80 / 82

Stranger things
Saison 3, épisode 03
The case of the missing lifeguard

Un épisode effrayant comme rarement, et en même temps très touchant. Nuit et pluie battante ; la musique qui me prend, m’emporte et chaque fois change, mais presque aussitôt me reprend ; rythme parfait : les séquences s’enchaînent depuis l’introduction superbe et toutes cette fois autour du même axe ; retour dans l’univers mental parallèle, perte de repères, sensations fortes ; des frissons plus loin ; chaque groupe en venant, à son rythme, à l’évidence. Le sucre solaire me manquera, mais j’aime au moins autant lorsqu’on danse ainsi à l’orée des abîmes ; et celle qui s’y fait tirer, et celle qui en bête vorace s’est faite transformer, et celui dans lequel le mal s’est incarné et dans le regard duquel on revit le renvoi final de la saison précédente… Que de moments, de souvenirs en dedans et dehors de la diégèse, d’images qui resteront, d’éclairs et quelques sursauts, le tout pendant que la fiction transforme le réel en terrain de jeu, affleure aux zones qu’on ne peut qu’imaginer, qu’imager, un tout parfois si accueillant, parfois bien inquiétant. Car dans la nuit rodent les Russes les rats les mutants mangeurs d’engrais et de pesticides et les envahisseurs de l’au-delà, rien que ça.

★ 10/10 ★