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Carole and Tuesday
Saison 1, épisode 05
Every breath you take

[Carole, sur scène, fait du piano et chante.]

Le cheminement du frère missionné (qui, après coup, fait fort penser aux cheminements faussement errants d’un certain chasseur de primes…), le jeu des relations, et l’aboutissement pour les chanteuses au bon endroit pendant lequel convergent ces fils narratifs, ont enfin permis de proposer un épisode solide. Ça s’améliore. Outre la belle performance finale, il y a eu à mi-chemin celle de cette antagoniste en carton, étonnamment réjouissante elle aussi, et à nouveau ce type de montage relativement bref et qui me plaît, à savoir ceux évacuant les voix et les bruitages au profit d’un flot de moments clés que la musique vient habiller. Cela dit, on n’est pas loin, en ce qui concerne ces séquences, de la répétition un peu facile malgré le résultat agréable. Et cette même facilité apparaît de manière nettement plus pénible lorsqu’il s’agit de redéfinir sans cesse ce personnage de perdant. Idem avec son pendant négatif, juvénile et antipathique plutôt que pathétique, qui n’en finit déjà plus d’avoir exactement la même attitude dans les quelques scènes, systématiquement fastidieuses, dont il dispose. Une propension à la caricature et à la redite, liées à une absence d’inspiration, qui m’étonnent. Les talents sont bien là, affairés à fabriquer du métrage regardable, mais ils patinent, comme s’ils manquaient de confiance. Un manque de confiance qui est peut-être dû aux déconvenues commerciales passées, ou au fait que des Japonais auront dû se résoudre à s’allier avec l’ogre étasunien du divertissement standardisé. Il est là, le malaise en moi que fait naître cette fiction : ses auteurs voudraient tellement pouvoir s’en réjouir, que l’effort transparaît, tout particulièrement à travers les personnages, qui sont globalement d’une froideur répugnante. C’est un autre parallèle intéressant : ces rares humains à l’écran, parmi la masse de machines vaguement intelligentes, n’ont presque aucun arrière-plan narratif, et n’ont aucunes racines, exilés qu’ils sont sur cette planète dont on sait tous désormais qu’on ne la colonisera ni « terraformera » jamais. Les rêves encore réjouissants d’il y a plus de vingt ans, ces chimères d’un ailleurs stellaire évident, ne peuvent plus que répugner en cette nouvelle ère de ressources raréfiées.

★ 7/10 ★

Œuvre dévoilée au public le
Œuvre auscultée par mes soins le
Impressions formulées le
Impressions publiées le