⋅ 48 / 58 ⋅

Carole and Tuesday
Saison 1, épisode 07
Show me the way

[Carole de face en plein milieu du cadre, sur scène, avant la performance du duo dans le cadre de cette compétition pour accéder à la télévision. Elle porte de grosses lunettes de star du futur moches. L’arrière- plan est hideux, elle porte la guitare en images de synthèse qui détonne et son visage est mal dessiné.]

Cette fois, on touche le fond. Qu’on pende s’il vous plaît ces commerciaux déguisés en scénaristes ! D’où leur vient qu’ils n’ont pas le début d’un minimum de recul sur leurs idées foireuses ? Comment se fait-il qu’on leur ait donné carte blanche, y compris lorsqu’il s’agit de singer ce qui se fait de pire actuellement à la télévision ? Un concours de chant dans une fiction se déroulant sur Mars… est-ce que dit comme ça, vous la sentez, cette doucereuse odeur de navet ? Vous le voyez venir, ce petit robot rond et rigolo, qui déjà m’avait pris la tête dans l’épisode qu’il occupait entièrement, et qui fait cette fois semblant de savoir chanter ? Vous les voyez venir, ces personnages en costumes avec leurs attitudes grotesques, montrés frontalement, avec des inserts récurrents en contre champ sur ce trio de juges de pacotille anonymes et dépités – mais vraiment pas autant que moi –  ? Eh bien voilà, c’est cadeau. Cet ersatz de scénario parvient à écumer les plus mauvaises idées comme un ivrogne les bars, mais pire, le résultat final ne parvient pas, lui, à se défaire de cette ambivalence dans le traitement, qui se voudrait joyeux et bien marrant, alors qu’il jette à la gueule tout le mépris qu’on est en droit d’avoir pour ces méthodes à la moderne et à la cool et pour ces starlettes en courant d’air. Gros malaise de spectateur durant cette bien trop longue séquence itérant bêtement, et ne laissant même pas au duo de personnages clés la possibilité de compenser. Malheureusement, le reste était du même acabit : banalement direct et explicatif, bavard, simpliste. Il y avait pourtant une occasion à saisir pour joindre enfin, au moins sur le plan cinématographique, les parcours du duo et de celle qu’on présume être l’antagoniste, en mettant en parallèle les solitudes, mais même pas. Les scènes sont simplement présentées les unes après les autres, de manière décousue ou attendue. C’était l’épisode de la catastrophe, sans musique, sans chant, sans enjeu digne de ce nom, mais avec ses décors lisses et vides, ses caricatures à n’en plus finir et son final ridicule.

★ 1/10 ★

Œuvre dévoilée au public le
Œuvre auscultée par mes soins le
Impressions formulées le
Impressions publiées le