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Kimetsu no yaiba
Saison 1, épisode 03
Sabito et Makomo

[Sabito, jeune sabreur en kimono et au masque de renard, de face et debout devant cette énomrme pierre que le protagoniste doit pouvoir trancher. On voit les trois quarts du personnage, c'est le soir, il neige.]

  : Deux ans en 20 minutes. Moi qui m’attendais à ce que l’entraînement s’étale durant de nombreux épisodes, je suis une fois de plus surpris. L’explicatif qui aurait pu gréver le tout début de la série n’est apparu, brièvement, qu’en introduction de ce troisième épisode, suivi par une succession de scènes elliptiques et narrées en voix superposée par le protagoniste. Celles-ci furent animées volontairement plus sommairement, façon cartoon, dans des décors toujours magnifiques, avec des couleurs chaudes à m’en remplir le corps comme un beau voyage, et sur cette musique tout aussi réussie et dépaysante. C’est, cela dit, en deuxième partie d’épisode que mon implication est montée d’un cran, grâce à l’apparition de deux personnages mystérieux et charismatiques, affrontant et aidant, guidant dans la foulée du mentor déjà relayé au second plan, et probablement avec son assentiment. On retrouve alors cette particularité d’un scénario qui distille ses informations, et parvient de la sorte à fasciner, aidé par ces dessins de personnages reconnaissables parmi cent et cette réalisation régulièrement intéressante en termes de plans et de points de vue. Fasciné, presque halluciné, le protagoniste l’était aussi, et les disparitions dans le brouillard, le remplacement soudain du corps par l’objet, ont fait naître en moi des questions auxquelles je n’aurai peut-être pas de réponse. Sont-ils morts ? Sont-ils des fantômes habitant la pierre et assurant la relève ? Espérant qu’elle advienne et plaçant leurs espoirs, pour cette fois, dans celui qui doit depuis un an déjà la trancher, cette pierre. Deux années pendant lesquelles la sœur n’a pas ouvert l’œil. On nage en pleine fiction fantastique modernisant les mythes, du démon, du vampire, de l’anthropophage et du samouraï, isolés dans notre montagne réservée à l’ermite et à son disciple, sur laquelle les saisons s’égrainent et le jeune homme, fortifiant son corps et l’aiguisant, mûrit encore. Paradoxe de cette excellente fabrication : on aimerait que tout cela dure. Est-ce raisonnable, de dilapider ainsi cet immense potentiel narratif ? La suite le dira.

★ 9/10 ★

Œuvre dévoilée au public le
Œuvre auscultée par mes soins le
Impressions formulées le
Impressions publiées le