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Shingeki no kyojin
Saison 1, épisode 53
Domination absolue

[Quatre personnages, ridiculement petits, mais lancés à l’assaut du titan colossal, qui leur et nous fait face, et cache bientôt l’intégralité du ciel visible.]

C’est monté au scalpel : le final m’a brutalisé. Ce qui n’est possible que grâce à ce scénario, le meilleur que j’ai rencontré, ni plus ni moins. Ça bavarde pourtant, et sous la pluie d’obus. En réalité, ça dialogue plutôt que ça bavarde, pendant que l’ennemi se tait et assène, fort d’une supériorité absolument écrasante. L’auteur choisit de faire dire et réfléchir : que faire face à une telle supériorité ? Que faire d’autre que périr inutilement ? Trouver la bonne idée, trouver une stratégie encore, tant qu’on respire, ou bien jeter ses dernières forces et frontalement. Des fronts, justement, il y a en a deux. Deux équipes, deux situations distinctes encore qu’une même crise, atroce et sanglante, de part et d’autre de ces murs, qui laisseront pour sûr une trace en moi. Sur le premier front et pendant la première moitié d’épisode, ça s’est très mal passé, et l’on ne voit plus d’issue, l’ennemi s’étant même régénéré pendant que les chétifs s’affaiblissaient encore. Dés pipés, injustice flagrante, contre laquelle le spectateur par essence passif ne peut rien, tandis que les personnages qui la vivent perdent légitimement le moral. Sur le second front… même débâcle… si ce n’est qu’il reste là un espoir, une minuscule opportunité, qui survit dans un des cinq personnages clés, et grâce au sacrifice de tous les autres, grâce au sacrifice, aussi, de tous les autres espoirs. Voilà où cette histoire en est. Voilà où ce développement intelligent et respectueux nous à menés : au fond du gouffre, avec une seule lueur, visiblement inaccessible, une seule lueur rageuse pour toutes et tous. Et l’un des personnages de l’exprimer, voire de l’expliquer : peu importe, c’était ainsi dès le commencement – la situation de départ, dans cette diégèse, tout comme pour mes contemporains et moi, était catastrophique –, et la seule chose qui aura changé, c’est de n’avoir finalement plus eu d’autre choix que de regarder cette réalité en face. Alors les plans s’enchaînent, terrestres et aériens, dans ce mouvement physique et narratif jusqu’à la terreur, plus percutante encore dans les regards des suicidaires que ne l’était l’horreur des corps charcutés dans la brume de leur sang.

★ 9/10 ★

Œuvre dévoilée au public le
Œuvre auscultée par mes soins le
Impressions formulées le
Impressions publiées le