⋅ 50 / 60 ⋅

Shingeki no kyojin
Saison 1, épisode 55
Soleil de minuit

[Gros plan sur le visage d’un personnage féminin, tout juste sauvé d’une déflagration par le geste d’un allié. Il y laissera sa vie, et elle son œil gauche.]

Le problème de ces scénarios dans lesquels on peut ressusciter les personnages est qu’on n’en finit jamais. Les auteurs en viennent systématiquement à gâcher leurs effets. C’est carrément l’épisode précédent qui s’en trouve affecté cette fois-ci. En plus de ça, ça a tergiversé de bout en bout, au point de provoquer, à nouveau, des retours en arrière particulièrement frustrants et qui deviennent difficilement supportables dans ce contexte d’un récit dilué sur plusieurs années. Une bonne grosse déception en somme, même si ça se tient, même si c’est cohérent. Par rapport au dilemme que posait cet épisode, je constate, et c’est instructif, que le spectateur que je suis avait un point de vue complètement partial, lié au point de vue partagé par les deux personnages vivants du trio qui, c’est avéré, est le vecteur de l’émotion. Avec tous ces personnages charismatiques, je ne m’en rendais plus bien compte. Ces fictions s’adressent aux tripes, par l’empathie, et les personnages ne sont en quelque sorte que des outils au service de cette émotion, de cette mise en situation. Ils n’ont pas la même place chez le receveur, même si cette place peut varier d’un receveur à l’autre. En d’autres termes, on a des préférences, et ce que révèle cet épisode comme rarement d’autres l’ont fait, c’est que ces préférences sont cruciales. Les provoquer et les guider, réussir à en jouer, est sûrement l’un des rôles majeurs de l’auteur. Cette connexion entre le receveur et les médiateurs de l’émotion est prioritaire. Une fois qu’elle est établie, il est bon d’en jouer, d’amener les ruptures, mais aussi, donc, de savoir entériner ces dernières.

★ 7/10 ★

Œuvre dévoilée au public le
Œuvre auscultée par mes soins le
Impressions formulées le
Impressions publiées le