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Shingeki no kyojin
Saison 1, épisode 59
De l’autre côté

[Les trois personnages principaux, les pieds dans l’eau, celle de la mer, enfin, et le corps dans le ciel immense. Une image lumineuse et colorée, qui contraste avec l’ambiance générale de la série.]

Cette mélancolie finale était exquise. Nous avions malheureusement déjà vu ce que les personnages principaux découvrent alors enfin, et c’est à mon avis une erreur scénaristique, mais l’effet, grâce à la longueur, à la lenteur, s’est tout de même aussi produit sur moi, à force de belles images, de couleurs inédites, d’une lumière puissante, dans cette situation à la fois fantasmée et si simple. En contrepoint, « de l’autre côté » : l’horreur de la guerre qui s’annonce ou qui ne cesse de s’éterniser, et le désespoir attenant. C’est très fort, très juste, d’autant que le protagoniste soudain a mûri. Si ce n’est qu’il mûrit en fait depuis tout ce temps, agressé comme tous ses pairs encore vivants par les événements et les informations. Outre ce bref voyage vers la conclusion temporaire, il y a eut ce dialogue qui m’a semblé un poil répétitif avant la remise des médailles, puis, pendant cette dernière, une incompréhension rageuse sortie à son tour de tréfonds sibyllins. Ça ressemblait à une fin… Et effectivement, puisque le scénario mime les cycles guerriers et meurtriers de l’humanité, la suite ne pourra sans doute se prémunir tout à fait d’une certaine redite. En tout cas, ces mots qui viennent d’eux-mêmes ne trompent pas : c’était un épisode fort, sans la moindre violence pour une fois, et que l’on doit à ce scénario monumental qui nous réserve probablement encore de belles surprises. Il faudra se contenter de ce passif et de ce potentiel certain en guise d’appétence pour l’après. Là encore, ça change des frustrations terribles d’alors. Cette demi-saison qui vient de s’achever n’en était pas moins exceptionnelle, et le tout qu’elle forme avec la précédente est absolument remarquable. Cette série m’est d’ailleurs d’ores et déjà infiniment précieuse. En l’état, elle est une ode à la douloureuse complexité du vivant, qui promeut une fougue en tant que répondant, la seule qui permettrait d’aller de l’avant malgré l’incompréhension et dans l’obscurité. Une fougue coûte que coûte, légitimement constellée de doutes et d’arrêts temporaires pourtant, ainsi qu’en atteste ce dernier épisode avant la dernière saison, prévue pour la fin de l’année prochaine.

★ 7/10 ★

Œuvre dévoilée au public le
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Impressions formulées le
Impressions publiées le