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Stranger things
Saison 1, épisode 08
The upside down

[L’héroïne de la série en face à face avec le monstre de la saison. Vus de profil, dans un salle de classe en pleine nuit.]

Ai probablement manqué la moitié des dizaines voire centaines de références accumulées dans ce seul scénario qui a au moins le mérite de rester digeste et cohérent… Ne sais pas bien me situer cela dit, ne sais pas dire ce qu’il reste à cette recréation-là, ce qu’il lui reste si on lui retire, justement, toutes ces références. Et quand bien même il ne lui resterait alors rien, ne suis pas sûr que ce soit un problème. Il est clair que j’ai passé un bon moment, que j’ai ri et même rêvé, de vivre ces aventures, d’être à la place des personnages. Ai du coup rarement apprécié comme ici la fin heureuse, car elle correspond aux attentes d’enfant que développe la narration, y compris chez le spectateur. Je suppose que la tension, là où ça coince, est à chercher du côté de ce personnage de la mère dont l’enfant a disparu, et qui ne m’a jamais véritablement convaincu. Je suppose qu’un travail plus poussé sur la folie, sur le doute, sur l’essence du fantastique donc, via notamment un contexte diégétique plus fourni, plus incisif ou cruel, aurait fait une nette différence. L’hommage répercute les faits sans véhiculer les mêmes interrogations implicites qui faisaient la force, la puissance même, des originaux. Point de psychologie et presque aucun trouble malgré les thématiques du monstre dans le cadre de l’enfance et de l’adolescence, point de folie en symétrie chez les adultes, qui ne doutent pas bien longtemps. Trop peu de sous texte, trop peu d’ampleur aussi, tandis que les personnages finissent semblables à ceux qu’ils étaient quand ça a commencé malgré tout ce qu’ils ont vécu ! J’ai aussi passé une bonne partie de ces 8 heures à espérer que ça parte en vrille, que le chaos ne fasse plus qu’infuser très doucement mais s’installe comme la situation l’exige, au-delà de cette maison qui d’ailleurs ne prendra pas feu… mais là encore, les événements restent feutrés, bien installés dans leur velours de synthèse pas transcendante, le train narratif ne déraille pas, bien maîtrisé qu’il est, bien huilé par le système de production industrielle pour mener spectateurs et producteurs vers la deuxième station, pour les déposer en deuxième saison… On verra ce qu’elle apporte, mais en l’état, on est en droit de se demander si ce résultat, agréable, est tout ce dont les créateurs étaient capables, si ce monde à l’envers n’est effectivement qu’une copie un peu pâle qui ne mérite pas qu’on y installe nos rêves les plus sombres…

★ 10/10 ★

Œuvre dévoilée au public le
Œuvre auscultée par mes soins le
Impressions formulées le
Impressions publiées le