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Stranger things
Saison 2, épisode 07
The lost sister

[Plan nocturne et d’intérieur mais très coloré, montrant, dans leur squat plein de graffitis notamment, trois membres de la bande hétéroclite et punk qu’est venue rejoindre l’héroïne.]

Introduction très efficace, qui mène à un voyage initiatique pour le moins dépaysant et charmant, charmant mais pas dénué de menaces et habité par la subversion ; épisode à part, au déroulement parfait, qui renouvelle le charisme et tente la focalisation sur un personnage dans le groupe et sur son parcours (à la manière donc, de The Leftovers, d’après mes critères). Ce personnage est suffisamment fort pour porter et entretenir à lui seul ces fardeaux que sont l’intérêt et la motivation du spectateur, mais les créateurs ont voulu mettre le paquet et l’insérer dans un groupe, que dis-je, une escouade, qui d’un certain côté apporte, de l’autre retire : cette escouade fait envie, aimerais m’y joindre, participer de sa quête vengeresse, mais elle et son monde ne conviennent guère aux sensations que doit véhiculer la série, elle et lui nous sortent de son univers à elle, si puissant, et de l’enfance, ils nous plongent en pleine adolescence, en révolte et rébellion, en opposition avec l’autorité plutôt qu’avec les cauchemars qu’on fait avec les autres éveillés. Intéressant contraste : ce sont les anonymes besogneux de la diégèse qui cette fois voyaient l’impossible et étaient mystifiés par lui, et nous autres spectateurs initiés qui n’avaient plus qu’à profiter du spectacle, protégés à notre tour par ce rideau derrière lequel se cachent ceux qui savent et complotent (« fourbencent », dirait mon père)… Et si ces cauchemars sont d’emblée fictionnels et parfaitement à-même de porter la fiction, cette société policée et conformiste elle, doit être approchée avec une toute autre subtilité, celle que demande pour être traitée une situation inextricable et bien réelle dans laquelle le spectateur baigne déjà… Ainsi donc, cette heure qui en valait bien deux, et qui aurait d’ailleurs franchement bénéficié du format d’un long métrage (pour donner davantage de temps aux émotions notamment), se sera révélée être un détour plutôt qu’un nouveau départ, ce qui me frustre un peu. Mais ce détour aura su alimenter et renforcer la motivation dont il était question tantôt et transmettre au final une bien agréable envie d’en découdre ! Avec tout ça, pourrais une fois de plus oublier de les mentionner, et la note parfaite ou presque ne choquerait pas, mais c’est un fait, Stranger Things me fait de l’effet, en témoignent ces frissons légers qui m’ont parcouru en plusieurs moments de la narration, de cette très, très maîtrisée narration.

★ 9/10 ★

Œuvre dévoilée au public le
Œuvre auscultée par mes soins le
Impressions formulées le
Impressions publiées le