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Stranger things
Saison 2, épisode 08
The Mind Flayer

[]

L’attendais tellement, que n’y étais paradoxalement pas préparé, mais le chaos est arrivé, et il m’a chahuté pendant cette introduction qu’aurais aimé efficace, mais qui a installé trop rapidement et beaucoup trop facilement la situation de la première partie, singeant l’ambiance des jeux d’horreur et de survie, après avoir intégré comme un cheveu sur la soupe le rapport père fils du demi-frère. Aurais vraiment préféré que la mort s’instille plutôt qu’elle frappe, qu’elle n’emporte pas tous les militaires et tous les savants pour ne laisser que les personnages importants livrés à eux-mêmes… et éventuellement à leur fin, attendue et laborieusement amenée celle-là. Comme il aurait été intéressant de donner vie et corps au complot à travers quelques-uns de ses employés embarqués anonymes, de leur et de lui donner temporairement une âme au-delà de ce chercheur en chef traité avec manichéisme. L’horreur en a quoi qu’il en soit profité pour devenir graphique et vaguement sanglante, esthétique donc et même frontale plutôt que diffuse. Temporairement, et relativement maladroitement. Puis, une fois sorti du laboratoire annihilé, place à la torture légère pour le personnage, moins pour moi, car à coups de bon sentiments familiaux et de souvenirs aimants, étalés à la larme de crocodile et à la grosse cuillère sur l’intrigue qui elle perdure et passionne : le contexte et l’univers restent fantastiques, l’on est baigné dedans, immergé, toujours grâce à la musique, à l’image sombre, bien cadrée, bien habillée. Les percées, les retournements de situation, les va-et-vient scénaristiques font l’amour au spectateur, à son cortex, après l’avoir tant caressé et en continuant de le faire, de le mettre en abîme, en analogie métaphorique puisque que ne fais pas bien moi la différence ; jusqu’à ce final donc, touchant et frappant, jusqu’à ce regard échangé et magistral, jusqu’à ce sourire si juste du jeune et mauvais acteur. Il était bien là, le point clé, le nerf le plus sensible de cette histoire sur plusieurs heures, de l’histoire de cette seconde saison : un couple séparé, dont la moitié féminine a cheminé, a dû cheminer, disparaître une deuxième fois et encore plus loin ou profondément, pour réapparaître enfin, transfigurée, au meilleur des moments car au pire des moments et tandis qu’elle peut aider. C’était bon, diable que c’était bon malgré les défauts.

★ 8/10 ★

Œuvre dévoilée au public le
Œuvre auscultée par mes soins le
Impressions formulées le
Impressions publiées le