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Stranger things
Saison 2, épisode 09
The gate

[L’héroïne rugissante et bras tendus occupe presque tout le cadre de cette image rougeoyante. Depuis ce brasier, elle tente de repousser le mal grâce à ses pouvoirs. Du sang lui coule du nez et des cernes ou plutôt des poches noires se développent sous ses yeux.]

Épisode qui confirme que répondre aux attentes est le plus difficile, qu’être à la hauteur des promesses narratives est une gageure. La musique (étrangement en retrait) et l’effort gigantesque fait sur l’intensité des couleurs et des contrastes n’auront pas suffi cette fois à effacer les couacs les ficelles et les facilités d’un scénario qui dans cette dernière ligne droite se sera effondré en la jouant petit bras sur tous les fronts. Tous les problèmes auront été réglés et sans grande peine. Fichtre, la vie est donc si simple ? Et les éventuelles métaphores que je me suis dit de temps à autre avoir peut-être ratées n’avaient en fait effectivement aucune consistance ? En tout cas, le retour en arrière a, de nouveau !, bien eu lieu… et les auteurs, en effaçant leurs prises de position récentes et en reniant la maturation de leur création, perdent là et probablement définitivement l’occasion d’en faire quelque chose de majeur ou d’important. C’était agréable, mais c’était vain. Les scènes fortes, parlantes, amusantes, touchantes, d’action atypique aussi, ont pourtant été déposées selon les règles dans cet ultime épisode (de saison ou non, peu importe), mais ce qui restera, ce sera cette banalité affligeante de bons sentiments accumulés dans ce cliché sans fin d’un bal de fin d’année sorti de nulle part. Et qu’ils osent, bon sang qu’ils osent !, après telle fin raplapla routinière nous montrer de nouveau – au cas où les budgets seraient débloqués ; cynisme lui aussi sans fin ; et ils le seront… – le mal qui roderait encore, me gave, me saoule et me dégoûte. Du coup, j’ai apprécié cette saison, et la préfère probablement à la précédente (dont je ne me souviens à vrai dire plus assez pour l’affirmer vraiment), mais n’en garderai que l’idée d’un plaisir éphémère, travaillé mais sage. Référencées plutôt qu’inspirées, « ces choses les plus étranges » se seront finalement contentées d’être à la hauteur de leurs personnages : sympathiques, et scolaires.

★ 5/10 ★

Œuvre dévoilée au public le
Œuvre auscultée par mes soins le
Impressions formulées le
Impressions publiées le