⋅ 79 / 82 ⋅

Stranger things
Saison 3, épisode 02
The mall rats

[Les deux filles du groupe d’ados principal font du shopping dans le nouveau centre commercial de la ville. L’héroïne, normalement cachée, découvre la diversité des produits et prestations dans ce temple capitaliste.]

Le loup est dans la bergerie, je répète, le loup et dans la bergerie. Et la menace cette fois bien établie. Mais la dynamique s’est encrassée du fait de ce pan scénaristique, à savoir celui occupant les enfants, n’ayant pour le moment rien à voir avec ladite menace. Stratégie étrange s’il en est, puisque ils étaient les personnages principaux, et bancale, dans la mesure où c’était à travers leur regard que le surnaturel se frayait un chemin, plus crédible alors, jusqu’au spectateur. Est-ce à dire que toute subtilité, que toute ambiguïté est perdue ? Il y a bien ce discours politique : place de la femme, désertification des centres-villes, droit de manifester et guerre froide, mais traité avec cette légèreté enfantine (pour ne pas dire de manière simpliste) qui seyait mieux au fantastique. Reste ce titre alors : « The mall rats », traduit un peu précipitamment m’est avis pour la version française en « comme des rats » ; l’un avec l’autre me faisant penser que d’aucuns se retrouveraient coincés dans le centre commercial… ce qui n’est pas arrivé. Et je me souviens soudain que les événements tardaient dans les premières saisons à gagner en ampleur et en intensité, que les conséquences et l’action restaient petiotes dans des espaces relativement restreints – et j’aurais aimé, naïf que je suis, que la crise emprisonne déjà dans leur cage consumériste les rescapés de l’invasion. Au lieu de quoi l’on a tenté d’enjouer cette énième séquence de shopping rigolo – et vlan la publicité dans ta gueule au passage et qui te propulse en dehors de la diégèse –, en la soulignant d’un « material world » aux enceintes. Un peu maigre. Bref, du drame romantique assez bas de gamme pour les ados, de l’enquête à la cool pour les autres, le tout saupoudré de quelques problèmes d’adultes auxquels on n’a guère envie de prêter attention. Dit comme ça, ça se tient, et le point de vue narratif est en fait respecté. J’espère seulement que cette redondance de certains aspects (notamment celui du monstre…), que je constatais voire ressentais malgré moi, ne s’accentuera pas.

★ 6/10 ★

Œuvre dévoilée au public le
Œuvre auscultée par mes soins le
Impressions formulées le
Impressions publiées le