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Yuri on ice
Saison 1, épisode 12
Programme libre de la finale du Grand Prix

[Le protagoniste et son mentor, sur la piste ensemble en épilogue. Costumes et lumières bleus pour le premier, violets pour le second. Ils sont proches, on ne les voit qu’à partir du torse, ils se regardent dans le mouvement.]

Belle densité, choix narratifs intéressants côté compétition et résultats, mais gâchés par ces revirements enchaînés de dernières minutes quant au couple et qui cassent la simplicité décrite précédemment ; ai pris plaisir à observer et écouter, happé comme lors du premier épisode et souvent depuis, happé et incapable du fait du rythme de saisir, de bien saisir, ou plutôt de ressentir ; l’épilogue semble évoquer l’arrivée d’une suite, et il y aurait à y montrer et à y faire, ainsi que cette présentation en duo l’esquisse pendant cet ultime générique ; scénaristes font, plus tôt, dire au protagoniste : « il n’y a pas plus belle histoire que celle qui ne finit pas », et donnent à ce dernier les moyens de l’entretenir, la sienne propre, autant que celle qui l’unit à « Victoru », en continuant à patiner, avec ou sans lui en tant qu’entraîneur on ne sait plus ; il dit aussi : « pour nous, l’amour est sur la glace » juste avant que ne se referme la fiction ; des mots justes qui traduisent la nécessité de l’épreuve et de l’exercice, de se dépasser soi-même, mais surtout de dépasser les motifs qui nous ont inspirés et guidés ; il était question de cela, pendant le « libre », il était question d’émancipation, et par elle d’accéder à une forme d’égalité ou de dignité, seules capables peut-être, de pérenniser le couple et l’histoire. L’entremêlement de ces plans narratifs et philosophiques est tel que ne m’en démêle pas ou difficilement ; ne sais plus ni ce qui est important, ni ce que mon histoire personnelle en pense ; les questions de vocation, d’accomplissement, personnel ou collectif, de cheminements dans la solitude, l’errance, la souffrance ou maillés d’amour, d’émotion, de passion… Ne peux que déduire, in fine, l’altérité de cet objet narratif, soit idéaliste (comme le suis?), soit aveugle et qui entretient sa propre camisole : tous ces scintillements qui n’ont cessé d’égayer le glissement, ils m’ont aguiché et réconforté autant qu’ils m’ont inquiété ; cette luisance n’est pas une lueur, laquelle naît de l’effort et s’extirpe dans la performance, elle-même encadrée, enjolivée, rendue célèbre et sûrement aussitôt caduque ; ça, c’est ma triste vision solitaire voire individualiste à moi : il ne serait d’accomplissement que personnel, de véritable joie qu’en miroir de la véritable peine, intraduisibles, impossibles à communiquer ; nous serions incapables de communier. Yuri on ice est une ode chaste mais chaude à un idéal inverse, Yuri on ice est une ode à la liberté, à la possibilité de communier, sans considération de sexe (de genre), pour peu qu’autrui agisse aussi et qu’ensemble on acte.

★ 7/10 ★

Œuvre dévoilée au public le
Œuvre auscultée par mes soins le
Impressions formulées le
Impressions publiées le