Yuri on ice

Romance nippo-russe

Œuvre dévoilée au public entre le 05 octobre et le 21 décembre 2016
Œuvre auscultée par mes soins le

★ ??? ★

Le Grand Prix des larmes

L’animation et le graphisme buttent ; dommage que le rythme effréné (et les sous-titres, il faut l’avouer) empêchent d’en profiter pleinement ; dommage aussi que la musique et la pratique sportive, lors de ce moment d’action long et mettant en parallèle, ne me touchent pas voire me rebutent (surtout côté musique) ; à part ça, c’était excellent : nombreux personnages installés comme si de rien n’était, sans la moindre lourdeur, dans un flux menant d’un échec à un renouveau en passant par un questionnement légitime et une romance tue autant que tuée dans le feu d’un art au sommet qui ne laisse aucune place au reste ; solitude, travail, passion, mais pour quelles raisons ? Pour elle, pour lui ? Pour eux deux sans doute… En tout cas, lui a, soudain, été touché… Charisme du patineur blond casse le crâne, tandis que suis tombé illico amoureux de la donzelle devenue maman. Vive l’animation japonaise ! Et même la justification menant au renouveau, par la vidéo, l’usage d’internet, mais détourné, non souhaité, à l’opposé de ce que faisait Trigger en somme, a fonctionné. 8/10, parce les caniches, c’est moche, mais surtout parce que n’ai pas eu le temps de respirer, et déteste ça. Mais que vive l’animation japonaise ! Tout de même !

Deux Yuri ? Panique au Yutopia

Ai bien fait de rester sur mes gardes ! L’animation a régressé, le dessin aussi, qui abuse des caricatures ou versions simplifiées, et le rythme est presque insupportable. Ça reste prenant – de force – mais il est presque impossible d’en extraire quelque chose alors qu’au fond c’était simple : le blond est venu à son tour au Japon, le brun s’est entraîné, et le maître les met en concurrence, tandis que tout le monde autour s’agite. Demoiselle dont m’étais soudain entichée trop discrète et redevenue simple personnage (alors que la prof de ballet a profité a son tour d’un plan la mettant très nettement en valeur). Questionnements dissipés aussi, au profit du pseudo-conflit. Rien de tout ça n’est crédible, en fait.

Éros

Entraînement bien mené, le duel en devenir permet aux deux successeurs de progresser, le rythme est bon quoique pressé, les situations plutôt intéressantes, chacun se questionne ; puis il y eu cette première performance, qui m’a plu visuellement et dans le mouvement, qui m’a intéressé aussi, grâce à la remise en question personnelle du personnage, puis la seconde, qui aurait du être l’apothéose parce que le propos le souhaitait et que la conclusion s’en est servie ainsi, sauf que ça n’est pas passé jusqu’au spectateur que suis ; l’un et l’autre se sont servis de leurs parcours personnels, de leurs expériences en tant qu’êtres humains, pour tenter d’ajouter en densité à leur art ; il nous est dit, crois, que le premier refuse sa sensibilité au profit d’une détermination sans faille, mais s’y est plié avec brio temporairement, tandis que le second, faute d’avoir aimé ou été aimé, manque de courage ou de cette détermination, manque, ou plutôt manquait jusqu’à cet entraînement et jusqu’à cette présentation, de pouvoir captiver le public, de pouvoir le charmer, l’emporter ; sujets et questionnements intéressants ; c’est profond tout en étant survolé (tout en étant hyper condensé) ; par contre, l’insertion au chausse-pied d’une relation amoureuse ou charnelle entre le successeur et son mentor me rebute pour le moment. La narration n’a semble-t-il pas su me faire aduler le mentor ainsi que le protagoniste le fait et suis dès lors coupé d’une bonne partie de ses préoccupations ou intellections. Ce personnage du mentor, à l’inverse, aurait tendance à me repousser, en ce qu’il est complètement fictif à mes yeux : trop parfait, trop étranger à des besoins ou aspirations normales, trop ostensiblement et visuellement caractérisé, autrement dit sur ce dernier point, trop maniéré et efféminé, mais les auteurs justifieraient sans doute ces caractéristiques en expliquant qu’elles concrétisent ou corroborent son statut d’indétrônable champion et de génie depuis l’enfance. Et me rends compte que c’est plutôt sur ce statut, lui-même de l’ordre du fantasme et de la fiction, que bloque.

Apprendre à s’aimer

La musique sur la fin m’a porté, d’autant que le parallélisme des ambitions et entraînements y était encore un peu plus appuyé ; il y a ce jeu sur les genres et les relations et les attirances, mais qui me laisse incertain, dont ne suis pas sûr qu’il soit exploité à juste titre ; l’ellipse est telle, que tout me paraît disloqué, que chaque situation me paraît être un prétexte pour diffuser quand même le propos, et les explications (sur le milieu sportif) expédiées mais récurrentes, viennent encore corrompre le flux et gréver le tout ; certaines scènes étaient très mal animées, et le recours excessif aux animations et formes arrondies et absurdes me gave ; trouve aussi et enfin que le rapport entre les personnages est traité avec évidence quand il ne l’est pas et avec lourdeur quand il devrait être naturel.

Le championnat des régions du sud !

Le protagoniste mûrit, et son parcours personnel d’après l’arrière-plan narratif lui permet au même moment qu’il mue de profiter d’un élan supplémentaire apporté par les autres compétiteurs, qui sont à la fois des adversaires et des soutiens. Il prend plaisir, il fait de son mieux, il échoue partiellement, puis il s’exprime, et le dialogue sur la fin est à la fois court et puissant, si bien qu’il occulte presque la performance d’avant. Un avant en mouvement, en mouvement incessant, le sien, celui de cet autre patineur aussi et longuement ; un mouvement très animé – ou bien une animation pleine de mouvement et de fluidité –, quelques beaux plans grâce au dessin parfois plus affûté, du charisme dans les corps, et même une simplicité touchante dans leur contact quand le comique ne vient enfin plus altérer…