À la lueur d’une nuit d’été

Un horizon nocturne bordé par l’été.
Le jour qui semble ne jamais mourir.
L’air frais passe de la porte entrouverte vers la fenêtre grande ouverte.
Une musique aussi calme que la ville ; à leur manière dynamiques.
Le matelas au sol ; mon corps presque nu sur le matelas ; l’air qui caresse ma peau.
Je suis accompagné du monde qui existe encore en cet instant.
Tant qu’on vit, tant qu’on crée.
Quand bien même la lumière vient à manquer.

Bailler de lassitude ou de fatigue en attendant le prochain départ.
On croit décider, mais on ne fait qu’emprunter l’énergie qui nous conduit jusqu’à la nuit.
Et quand la nuit dure, il faut faire avec ; allumer quelque étincelle. Trouver le rythme des étoiles. S’échauffer entre elles avant de filer à son tour.
Rire, rire, regarder dans les yeux, courir, sourire, prendre par la main, danser à en choir.
Tant de façons d’aimer, de jouir, d’attendre.

Sons primordiaux, musique prégnante.
Et tout qui tourne et se retourne.
La tête à l’envers, pour voir les choses en face, enfin.
Souffrir bien sûr. De peu, de tant.
Souffrir de loin ; souffrir à plein.
Souffrir, souffrir, souffrir – sourire.
Sourire, rire à la face des maux.
Tenter de réparer certains torts – de ne pas en répandre davantage, de ne pas les répercuter.
Sans cesse prendre ses responsabilités.
Être homme, être femme, être humain ; entendre les notes, sentir l’air et les courants, goûter attentivement ; devenir sa propre lumière.
Sombrer, refaire surface ; voir le ciel depuis la mer ; sentir l’air encore qu’immergé ; au cœur d’une bulle ; des quelques larmes qui protègent.

L’absence un temps, un temps seulement.

[Vue en plongée, image en nuances de gris, plus lumineuse vers la droite, notamment du fait de ce drap-housse blanc sur le matelas, ou repose face à nous un homme blanc aussi, torse nu, en short rayé mais largement blanc. Il est allongé en travers, les bras écartés, celui de droite replié vers le haut. Il regarde on ne sait quoi, on ne sait où, il est jeune, correctement bâti, et certainement bel homme. La moitié gauche de l’image contraste, elle reproduit le subtil motif du sol, à savoir le damier d’un genre de parquet dont les toute petites lattes aux tons divers sont agencées par cinq dans des carreaux, carreaux eux-mêmes agencés de sorte à opposer à chaque fois le sens des lattes.]

The morning after, par Mislav Marohnic, sous C.C. BY