Corps et graphies de nuit

Chet Faker – Gold

Copyright 2014 Future Classic Pty LTD

Un paysage sans le bruit du vent ou des êtres y vivant, les bruits d’une nature du jour dans le vide de l’espace, seraient inopportuns…
La musique et l’image, ensemble.

La nuit.
On glisse.
À reculons, on fuit.

Dans le flou – parce que la tête dans le cul d’abord.
Une ligne de conduite.
Une prise du recul.

Et les corps sur roulettes.
Les corps en métamorphose.
Perpétuelle.

Ils glissent,
elles viennent,
et la nuit reste.

J’ai l’impression d’une douceur, d’une chaleur.

Une danse tranquille… bienveillante… elles m’accueillent.

En danse je dérive, je rêve.
Hypnotisé.

Le tempo les battements de mon cœur des percussions.
Une pose un son, une chorégraphie, précieuse. Ou l’art de la vie.
L’art de séduire, nuptiale et mini-shorts ; chaussettes et chemises aux épaules ou à la hanche, et des anneaux, de grands anneaux aux oreilles, qui jouissent au vent, et les cheveux, dans le vent dans les mains ; je suis bien ; bien dans la face du plan séquence.

La nuit appropriée, une sexualité recomposée. Devant derrière, seul à deux à trois, ensemble puis moins puis à nouveau et encore.
Elles reculent, mais la fuite continue : elles se rassemblent puis reviennent. Encore. Et je regarde et je profite. Et je regarde, j’observe, j’apprécie, j’écoute. Un corps en proportion, central, un corps allongé et fin, mais tellement formé, tellement qu’un troisième corps, au visage mystérieux. Brune, ou blonde. Est-ce qu’elle est brune, ou blonde ?

Tout ça pour lui, tout ça jusqu’à lui, qui chante. Le rêve… dans sa voiture près du cerf. Un fantasme – il est 4h11.
Et puis s’en vont.
Elles dansent, elles glissent – on a fuit, on les suit.
Elles disparaissent ; c’est la vie.

[Au milieu de la route, la nuit ; une légère lumière artificielle illuminant le début de cette double ligne médiane jaune sans fin.]