Des mots à l’image du Rock

Royal blood

[Silhouettes sombres de batteur et batterie sur fond crème]

Zola Blood

Lune poreuse ; cercle d’encre éclaté ; poudre atmosphérique ; du gris et du blanc en poudres et en morceaux dans le noir dense.

[couverture de l’EP Meridian de Zola Blood]

C’est à la fois là, très présent, et nulle part, c’est absence. Absence d’information, absence de contexte, absence d’arrière-plan blanc cassé ou gris. Un plein ou un vide, mais un rien, sur lequel repose la chose qui se dissipe elle-même. Si bien qu’on est accaparé et emporté. Si bien qu’on regarde et qu’on médite, comme on écoute en étant ailleurs la musique rattachée. Zola Blood.

Pas parfaitement ma came, pas dégueulasse non plus. Calme dans les aigus et avec des échos. Planant mais pas trop. Une parenthèse, une découverte de plus sur l’internet. Et une image de plus, dans ma rétine, dans les abîmes de mes esprits, oubliée aussi clairement qu’apparue, avec la même rapidité.

Royal Blood

Y’a du blood dans le nom aussi de Royal Blood. Et de la jaquette en noir et blanc tout pareil. Avec des morceaux, de la composition dans l’image et avec des images. Pour le reste, rien à voir. Royal blood, c’est du rock pêchu mais que j’entends noble. Ça m’engage, ça m’énergise et ça se respecte. Du vraiment bon et du parfaitement ma came ; un temps… comme le reste.

[couverture du premier album de Royal Blood]

Quant à l’image, elle est belle est soyeuse. De loin et d’abord, je croyais qu’elle tenait un revolver, prête à tirer. Pas du tout. Une rivière, qui coule à la dérobée ; en étapes du côté de la jugulaire. Pas de revolver, pas de balle tirée, mais quelque chose comme du sang qui coule. Et la tête explosée. Fougère céleste, étoiles, constellation, végétation, quelle richesse ! Dans le corps aussi, ça sculpte, ça présente, ça dément, ça dit oui puis non mais le regard est plein et certain. Deux yeux d’un regard dans le nôtre et les mains calmes mais la bouche occultée. Bâillonnée pas comme le rock effectivement royal. Pas tant parce qu’anglais, parce qu’à part Hell is for Heroes, c’est pas mon préféré. Plutôt ricain ou canadien le mien. Plutôt Billy Talent-ueux, joli et imprudent ou bien troussé, souvent attardé-nervé et parfois usé, toujours gueulard, criant, bruyant.

À mille lieues de cette affiche c’est vrai. Y’a peut-être un peu la typo légèrement dérangée, légèrement trouble, qui décèle la confusion ou l’erreur. Quant aux deux cercles lumineux au centre des cheveux : je ne sais pas ; n’en sais rien. C’est là et en même temps je m’en fous, on s’en fout, à moins que… Quoi qu’il en soit, tout ça est beau et bon.

Un œil sur les clips ensuite ou enfin : y’a du blé, c’est bardé de bonnes idées et de belles images qui bougent et s’entrecroisent ;

Come on over

Copyright Partizan & Royal Blood

Come On Over épileptique, stroboscopique narré en arrière-plans qui cette fois prennent le devant, c’est à la hauteur du son carrément relevé. Ça dit des choses qu’il faut bien regarder, parce que c’est pas clair et qu’on peut faire dire ce qu’on veut, aux images comme au reste, comme ici c’que j’en fais, comme à ces textes.

Figure it out

Copyright Partizan & Royal Blood

Figure It Out cinématographique, court qui court et qui fonctionne grave ; en rouge et bleu et uppercuts et coups de pieds ; la fille, le mec et les assaillants, du sang caché qui apparaît pour disparaître avec le mec puis la fille. En voilà un duo magique : batteur et bassiste chanteur ; pas le premier, pas le dernier ; heureusement et merci.

Bref, faut écouter-regarder la Google.FuckYou.ThankYou.Tube list(e).