Maudits corsaires

[Paysage en noir et blanc, d’un bord de mer. Un bout de plage entre les végétaux sombres, quelques maisons plus haut sur la gauche et un phare, blanc dans le ciel clair tandis que des nuages côté mer l’assombrissent fortement.]

Lighthouse, par Susana Fernandez, sous C.C. BY‑ND

  : Sans peur, j’avance sous le ciel,
Sans heurt, je brise ces dieux au goût de fiel !

J’en tire, moi, maudite nielle terrestrielle le miel,
D’une vie hors les ivoires et les nefs,

N’ayant pour tours que celles côtières
repoussant, dissipant, chassant de leurs lumières
tant sibylline écume nocturne que brume diurne
et sifflant à mon œil corsaire,
ces seuls sales saillants écueils dont je souhaitai me défaire,
ces fous,
jusqu’au bout,
d’un obscurantisme millénaire
bien incapable de me satisfaire.

Depuis,
Sans eux mais ensemble,
Ensemble dans le ciel clair !
Fiers, célères et dissimilaires !
Sans fers ni nous en faire !
Pirates sans enfer !
Et vagabonds anars, hilares !
Nous leur adressons cet air,
Cet art qu’ensemble et sans maître,
Nous avons su faire naître.

Nous autres, Artisans, Vaillants,
Voguant la galère et respirant
Poètes ma foi,
Libres, alertes, et droits.