Nuit tiède et herbes au ciel

Nuit tiède

[Forêt bleue]

Un matin froid, l’hiver le matin bleu et froid, la nuit qui fuit le jour qui crie en apnée ou peut-être le jour encore, la fin du jour et les flocons qui restent, sur l’arbre en chair un peu parmi les arbres en squelettes brumeux. Une brume qui danse jusqu’à l’horizon, laiteuse dans le nuage blanc comme le silence blanc. Paix et sérénité, solitude. Seul dans un vide blanc parsemé de squelettes de bois. Seul derrière l’écran et les yeux qui boivent, sa lumière agressive dans le noir de la nuit vraiment, la nuit ici, plus chaude dans mon lit que l’aube froide qu’elle précède dans l’image, l’une de celles qui ont traversé ma nuit, une qui m’a marqué plus que les autres et a entraîné le flux des mots pourtant interrompu. Des mots sur l’image à nouveau, sur cet espace de nulle part qui fait écho de silence en moi, sur cet espace de nulle part froide et végétale tellement plus dense que ma nuit, tellement plus riche que ma vie, tellement plus vrai aussi. Du vrai dans l’image au doigt pâle sur mon cœur froid, bordel.

Herbes au ciel

Pathos par Byungwookann

Pathos, par Byungwookann

C’est apaisant, le bleu le vert le jaune orange les courbes de légèreté dans le ciel nu, habillé par le sol, par la vie végétale pleine et clairsemée. Apaisé, je regarde ça et mon rythme cardiaque semble encore s’apaiser, semble s’alléger. Y rester… dans l’herbe, sous le sol, au ciel… S’en nourrir comme une vache qui paît, y mourir comme une vieille vache qu’a trop ~paissé~, qu’a fait son temps, libérée, qui retourne au néant à l’air, au ciel, au rien, au ciel de rien de néant dans un élan vers la paix, apaisé…