Progresser au présent furtif

« Dans mon wagon-vie, je monte et je descends, descends et monte très vite les montagnes russes du présent furtif ! »

[Des escaliers façon montagnes russes en contraste sur un ciel pourpre avec soleil couchant à l’horizon.]

Semi-Final, par Marcel Quoos, sous C.C. BY‑ND

Il ne s’arrête jamais ce présent, il passe mais continue, toujours plus vite ; ballotté, je suis débordé, je suis agité, plaqué à gauche, plaqué à droite, emporté vers l’avant et parfois retenu sur place. Ces derniers moments, ils me frustrent encore plus que tous ceux que je ne peux saisir dans l’élan.
Demain, j’ai pour ambition de continuer sur ma lancée ; de ne jamais m’arrêter, de ne surtout pas ralentir ce temps qui, il paraît, m’emmène à la mort !

« La question n’est pas de savoir où l’on est, ou même de savoir où on en est, mais plutôt (d’essayer) de sentir, d’apercevoir, de saisir où l’on va. »

Ce qui compte n’est pas la position mais la célérité : l’essentiel est dans la progression.

On m’explique que l’erreur et l’échec sont insupportables, comme des fins définitives qui doivent être évitées ou, faute de mieux, occultées et tues. Comme une honte qui se subit en silence. Je vois bien désormais en quoi c’est une absurdité, un endoctrinement au moins autant imbécile et funeste qu’un autre. Les doutes, les hésitations, les regrets, les dépressions, les chutes, l’oubli, font partie intégrante de l’évolution. Nos erreurs et nos échecs, il faut les dépasser, les surpasser. Car le meilleur moyen d’avancer, c’est encore de s’arrêter pour mieux repartir. Je n’ai pas fait mes 900 km d’une traite, pourtant je courrais plus vite à la fin qu’au début. De la même façon, je ne m’instruirai pas en une journée : ça fait effectivement 26 ans que j’apprends et que j’essaye de m’améliorer. J’espère seulement trouver l’énergie de continuer jusqu’au bout.