Un premier jalon

[Rangées de poteaux électriques se dirigeant vers le point de fuite en bas à gauche de l’image, dans un paysage désertique composé avant tout d’un ample ciel blanc et nuageux, et de quelques centimètres de sol au pied de cette photographie au format paysage.]

Infrastructure, par Kevin Dooley, sous C.C. BY

Ça y est ! Mon premier mois de publication vient de s’achever ! J’ai tenu bon : j’ai pensé mon site, l’ai façonné puis lancé et l’exploite désormais.

Réussite et difficultés

Autant dire que le rythme de publication que j’avais envisagé avant le lancement n’est pas de tout repos. Publier un jour sur trois est faisable, mais cela demande une rigueur dont j’ai (déjà – un peu) manqué sur la dernière semaine. Je suis donc content d’avoir réussi à mettre en ligne 10 textes comme convenu, mais un peu moins satisfait du léger retard que j’ai pris sur la fin.

Sur ces 10 publications, aucune n’est une reprise à l’exact d’un texte écrit auparavant, ce qui est un bon point. Comme espéré, cette vitrine me pousse à produire ou au moins à améliorer et diffuser mes anciennes productions. L’ermite au funeste égotisme ; Rencontrer un livre et Crevons ensemble sont des textes totalement nouveaux et dont je suis assez content. Beaucoup de questions, quelques certitudes ; Le bruit de l’humanité ; L’incompétence au bonheur et Expérience sensorielle sont des adaptations : ils sont relativement proches de leurs originaux qui datent d’avant le lancement du site. Une main tendue et Promenade au lever du jour sont quant à eux issus d’idées anciennes mais si largement revues qu’ils sont l’équivalent de nouveaux textes, et je suis fier d’eux.
S’il me faudra nécessairement un jour ou l’autre produire intégralement depuis le néant, j’ai survécu à ce mois de chauffe en exploitant pour moitié mon fond de production et en l’agrémentant pour l’autre moitié. Cela me semble être un bon compromis jusqu’à ce que je trouve mon rythme de croisière.

Si j’ai fait de mon mieux à l’écriture, je me suis donc aussi déjà un peu forcé, et à vrai dire, ce n’est pas négatif. Je suppose que certains textes, en conséquence, ne sont ou ne seront malheureusement pas habités de l’âme ou de l’énergie qui me poussaient à écrire jusqu’ici. Je vois ça comme la rationalisation de ce qui était un passe-temps passionné. Autrement dit, j’avance sur le chemin d’une écriture quotidienne (et professionnelle ?) et l’oriente, chemin faisant, vers l’extérieur et vers l’autre.

Écrire, c’est déjà très bien. Être lu, ce serait mieux. De ce point de vue, la route sera longue : je n’ai attiré en ce mois d’avril qu’une vingtaine de visiteurs (pour une centaine de visites et 5 pages vues en moyenne par visite). Ce n’est pas rien, mais c’est peu, et comme je suis frustré que certains textes ne soient pas lus, j’ai commencé à m’intéresser aux autres sites et auteurs et à prendre en main un outil qui devrait me permettre de communiquer avec eux (et si possible avec leurs lecteurs…).

Web littéraire et Twitter

Je dois me donner les moyens de faire connaître le fruit de mon travail. C’est en ce sens que j’ai à nouveau tenté de prendre en main l’étrange Twitter. Cette fois, je crois y trouver mieux mon chemin : ce service me permet de me rapprocher de ceux qui partagent un intérêt pour l’écriture, pour le livre et l’édition numérique et pour l’autopublication. Je suis dans une phase d’observation et ne piaillerai que quand j’aurai repéré les personnes et les groupes auxquels m’adresser. Du reste, j’ai besoin de temps pour bien intégrer le fonctionnement et le dialecte si particulier de ce qui n’est, à mes yeux, pas un réseau social comme Facebook ou d’autres peuvent le définir.

J’ai, en une dizaine de jours, déjà pu remarquer quelques particularités du web littéraire francophone et de l’usage qui est fait de Twitter. Je commence à prendre l’air et conscience d’un espace web dans lequel j’ai évidemment intérêt à venir m’insérer.
Une première chose qui m’apparaît, mais que je pressentais, est l’absence de contenu créatif pur. Nombreux sont les sites et les services qui donnent des conseils et réfléchissent à l’écriture numérique, d’autres veulent fédérer la communauté en concrétisant cet espace commun, rares sont en revanche ceux qui publient directement sur le net. La plupart des blogues littéraires sont effectivement des blogues : ce sont des supports de communication pour des auteurs qui souhaitent d’abord vendre et créent à cette fin une actualité autour de leurs produits. Je n’ai pas encore croisé de vrai site-livre qui existe en tant que tel et pour lui-même. J’ai croisé des annexes, parfois intéressantes et belles, sur lesquels on s’acharne à vendre de l’objet fini, même si dématérialisé. Je comprends l’envie de gagner de l’argent, moins le fait d’écarter d’un site la partie la plus importante de notre écriture…
Tout ça est frustrant, car après tout, j’aimerais pouvoir me divertir dans des fictions sur le web, mais c’est aussi une chance : je pourrai proposer, 3 fois par mois avec mes fictions, quelque chose qui se révèle manquer. Je me rends compte avoir sur ce point une belle carte à jouer.

Quant à Twitter, de ce que j’en ai vu et du petit sondage à mon échelle que j’ai mené, c’est un outil d’autopromotion et de curation et ce n’est, quasiment, que cela. Toutes mes connaissances ayant un compte m’ont expliqué ne pas l’utiliser car la chose était trop confuse et parfaitement inaccessible. J’ai eu le même réflexe, d’essayer pour mieux mettre de côté, et ce n’est que 3 ans après m’être inscrit et après une énième approche, que j’ai l’impression d’avoir enfin saisi ce en quoi il pourrait m’être utile. Et clairement, cet outil ne me servira pas à trouver un lectorat chez le commun des mortels, qui se passe volontiers de Twitter. Il me servira, si je me débrouille bien, à trouver un relais de diffusion auprès d’initiés et d’intéressés a priori. Qu’ensuite, Twitter me permette de garder contact avec des lecteurs qui seraient arrivés sur mon site via le bouche-à-oreille ou les moteurs de recherche, je le souhaite, mais je ne crois pas franchement au cheminement inverse.

Prendre contact avec le monde me paraît, maintenant que j’ai quelque chose à montrer, important, mais je ne veux pas passer trop de temps sur ces activités connexes. L’essentiel reste l’écriture et la qualité de ce que je propose. Or, rien qu’en publiant, je grignote déjà sur mon temps de production.

Pistes de travail

Car quand je parle de publication, je fais référence à une somme d’actions qui me prennent toutes un peu (trop, forcément) de temps. Aussi, ce premier mois a été l’occasion de roder mon activité et de bien saisir mon système de publication. J’écris, relis, corrige, relis, corrige, puis organise et archive mes notes avant de passer le texte sur Wordpress et de le (re)mettre en forme pour le web. De là, il me faut trouver ou valider le titre, les thèmes, l’éventuel parcours de lecture, et penser dorénavant les mots-croisillons. Ces données complémentaires au texte doivent apporter quelque chose, cohabiter entre elles et avec lui et ne pas être répétitives. C’est un casse-tête à chaque fois, assez amusant cela dit, et surtout utile pour prendre un peu de recul sur le texte. Je dois ensuite me l’envoyer par courrier électronique pour le dater, puis reporter toutes les informations-clés dans une feuille de calcul qui me sert de planning de publication. Cette feuille me permet d’avoir une vue d’ensemble à défaut de me donner de la visibilité pour la suite puisque je n’ai pas encore réussi à prendre de l’avance. Je peux alors, enfin, publier.

Reste à penser le piaillement (plus de piaillement, mais bel et bien l’argument) susceptible de donner envie à des inconnus de me lire, et tout ça forme un petit calvaire dont, heureusement, j’avais une idée assez nette depuis la gestion de feu lescaillouxducinema.fr. S’occuper d’un site à un coût en temps, la communication autour d’une activité aussi. Je ne suis pas surpris ni inquiet et me mets, petit à petit, en ordre de marche. D’ailleurs, certaines choses m’apparaissent comme il se doit tandis que je m’active.

Je ne suis pas encore prêt à publier l’un après l’autre et dans la durée les textes d’un même ensemble, mais j’aspire à ce genre d’aventure éditoriale et ai amorcé quelques séries en ce mois d’avril. Or il y a là une marge de progression, car je l’ai fait en suivant mes envies et plus ou moins volontairement ou instinctivement, si bien que ces séries ne seront complétées qu’un jour, sans que je sache mieux quand. Je vais donc tendre vers un intermédiaire entre la série de long cours et les premières parties éparses en pensant certaines de mes publications comme des trilogies mensuelles. Ce pourra être le cas de fictions, mais aussi par exemple de dossiers. J’ai déjà quelques idées, mais sachez que Le chaos pour finir est un diptyque dont le deuxième volet est presque prêt et devrait poindre le 10 mai. J’avance décidément par étape, mais j’avance et c’est déjà ça.

Terminons, si vous le voulez bien, ces circonvolutions printanières sur cette note positive.
Je vous donne rendez-vous dans trois jours et nous souhaite, en attendant, de bonnes lectures à tous.