Un premier journal incohérent

[Des faisceaux lumineux de toutes les couleurs, et qui partent dans tous les sens… Même si ce n’est rien, ou plutôt si ça semble n’être rien, ça forme un tout, une masse agréable…]

Incoherent, par Kevin Dooley, sous C.C. BY

compromis
entre fragilité et désespoir.
demain soir,
pas un seul survivant.
terre de sang
brûlures dans les dents –
– qu’on arrête
c’est hypocrite et partagé
demain à l’apogée
demain en soirée
j’aurai du poulpe et une corde à sauter –
– pulpe et cœur brisé
plénitude et cœur salé
l’ancre sera bien lestée
des dents dedans
des toits dessus
des fils de plomb –
– l’ambiance harasse ras
la balance pense bas
compense, ou ne compense pas
danse constante
demain soir, nous ne serons pas morts –
– alors mords, /mordez mordons mordicus
à l’hameçon / en fer noir
et remontons l’ancre / en fer noir
en manque,
l’étrange animal, manque –
– amiral c’est ainsi
demain c’est fini
ne pleure pas je t’en supplie je t’en prie
ne me nie

– –

fleur bleue
ou rouge ou rose ou verte
noire vestale
le cœur dans l’encre vespérale –
– roseau dans l’eau
bambou là-haut
plumeau dans le dos
pruneau dans le dos ! –
– demain, tu seras mort.
morsure du morse dans le mollet
parachute en tissu doré
c’est claqué, plié
plus la peine de lutter

– – –

jambe de bois
couleur petit-pois
sarbacane de joie
parapluie en soie –
– nue dans la rue elle fait sa mue
toujours plus belle, l’aube
– cette terre brûlée
ce papillon cramé
cette saleté de camé
bâtard, enfoiré –
violence
errance
blanche transe –
ça panique
ça pique
opale crique –
– coup de trique
ça nique ! vieille bique –
– solstice ; genièvre
ne pleure pas ; fièvre
bander, débander. parler, s’arrêter
quel cirque… nom d’une pipe