Une once d’espoir

[Deux silhouettes incrustées manipulant un cerf-volant dans un décor composé pour un quart en bas d’herbe d’un ciel de nuages pour le reste. Les couleurs sont chaudes ou sombres, l’image est diffuse, notamment parce que sont incrustées au premier plan de hautes herbes presque transparentes.]

Hope Arriving, par Hartwig HKD, sous C.C. BY‑ND

Peu à peu, j’y parviens. À trouver ce rythme mien.
Peu à peu, je trouve les mots de davantage.
J’écris beaucoup trop de moi, mais c’est un début.
Demain, mes mots seront à la hauteur, ils seront davantage. Ils ne seront plus seulement moi, ils seront avec l’autre.
Ce peut être tellement mieux avec lui. Avec elle, ou peut-être avec lui.
Tant que c’est bien, tant qu’à deux on va loin.

Aller ensemble, s’entraider, progresser, dépasser, parvenir. Un rêve un peu moins aberrant ce soir.
J’aurais aimé que ce soit toi. Nous en a décidé autrement. Nous, n’avons pas été à la hauteur. Ni pour toi, ni pour moi. C’est déjà loin maintenant. C’est dépassé, largement oublié, en quelques mois seulement. Courir a aidé. Frapper dans le ballon et éviter les coups à la boxe, aussi. Le boulot tout autant, les mots, tellement. Futur réapproprié avec le présent. Gourmand. Vouloir tout, presque, mais rester prudent, malheureusement. Vouloir être, savoir, faire. Vouloir écrire le monde et moi et des rêves en intrigue. Peu à peu, de mon mieux. Changer, peu à peu. Du nouveau.

C’est abstrait, c’est un peu vide. Me laisse guider par l’envie. Ne sais pas où elle m’emmènera, mais je crois que ça ira. Je crois qu’en continuant, on y arrivera. Là-bas ou haut, demain, futur, bien, présent mien.

Ce n’est pas encore assez rythmique, ce n’est pas bon comme j’ai lu. J’ai lu du vraiment bon. Du court, de l’épistolaire démembré, de l’essai ou mieux, de l’essayé, à l’encre sur le papier, vacillante et raturée mais déterminée. Moi j’efface au doigt ce que je frappe ou frôle aux doigts. J’ai dit que j’aimais, avec des mots que j’ai aimés après les avoir agencés. J’ai réussi à dire ce que je ressentais, un peu plus même, pour le communiquer, ou ce matin-midi après avoir contemplé.
Ce soir, c’est différent, c’est à nouveau de la recherche avec les mots. Ils peuvent être tellement de choses, tellement de nous, d’aspects de chacun et de tout. Pas facile d’imaginer. Ils sont le reflet d’un univers riche et de plus en plus. Chaque jour plus nombreux, et tous on peut le faire. Alors, je ne crois pas qu’on soit beaucoup à essayer, mais il y en a qui essayent, ça, je le sais. D’autres que moi font de leur mieux, et pour eux aussi, ce n’est pas toujours suffisant, et pour eux aussi c’est frustrant. Peu importe qu’on soit semblables si on regarde dans la même direction. Je continuerai(s) de fixer cet horizon quand bien même je serai(s) seul. Et il y en aura d’autres, un moment seulement parfois, et plus rarement, avec l’impression que ça peut durer.

L’espoir.

C’est vrai, le pire, c’est d’abandonner.
Tout à l’opposé, il s’agit d’être franc.
Le dire quand ça va mal, le crier même si besoin, et le dire quand ça va bien, le crier violemment. Murmurer et hurler, pour soi ou à l’autre. Se faire du bien et faire du bien, essayer du moins, et savoir se faire mal aussi. Ne pas avoir peur de la douleur, elle fait partie de la vie. Seulement, il faudrait ne la laisser jamais voiler notre vision jusqu’à cacher l’horizon. Ce putain d’horizon distant. Au loin. S’y rendre. Y rester en y allant. Demain je mourrai et j’espère que je le ferai la gueule pleine d’espoir.
Encore une fois, c’est pas gagné ; mais…